Corruption, Perceptions en 2019

Créé par le 06 mar 2020 | Dans : Non classé

L’indice de la corruption en 2019: elle a augmenté en RDCongo

Par Marie-France Cros.
L’ONG Transparency International, qui mesure la perception de la corruption pour tous les pays du monde, vient de publier son classement pour 2019. Il voit la RDCongo se classer à la 168ème place sur 180, avec une note de 18/100 de satisfaction seulement, soit une baisse de deux points par rapport à 2018. Autrement dit: la corruption a augmenté.
Les meilleurs élèves du classement mondial sont le Danemark et la Nouvelle-Zélande, qui arrivent premiers ex aequo, avec 87/100. Ils sont suivis par la Finlande (86/100), puis, ex-aequo, Singapour, la Suisse et la Suède avec 85/100.
Les meilleurs élèves africains sont les Seychelles, classées 27èmes sur 180 pays, avec un résultat de 66/100; le Botswana est 34ème avec 61/100; le Cap Vert, 41ème avec 58/100 (en hausse d’un point par rapport à 2018); le Rwanda, 51ème avec 53/100 (en baisse de trois points). Ex-aequo à la 56ème place on trouve, avec 52/100, la Namibie (en baisse d’un point) et Maurice (en hausse d’un point). Les suivants sont Sao Tomé (64ème) et le Sénégal (66ème), mais tous les deux avec une note sous les 50%.
A titre de comparaison, l’Allemagne est 9ème (80/100); la Grande-Bretagne 12ème (77/100); la Belgique 17ème (75/100); le Japon 20ème (73/100); les Etats-Unis et la France ex-aequo à la 23ème place (69/100).
Les mauvais élèves
Les plus mauvais élèves sont la Somalie, à la 180ème place sur 180 pays, avec 9/100 (en baisse d’un point par rapport à 2018), et le Sud-Soudan 179ème avec 12/100 (en baisse d’un point), juste devant la Syrie.
Parmi les cancres, on notera le Mali, 130ème avec 29/100 (en baisse de trois points); l’Angola, 146ème avec 26/100 (en hausse remarquable de 7 points), ex-aequo avec le Nigeria (en baisse d’un point) ; le Burundi, 165ème avec 19/100 (en hausse de deux points), comme le Congo-Brazzaville. La RDCongo – ex-aequo avec la Libye et la Guinée-Bissau – est 168ème du classement avec 18/100 (en baisse de deux points par rapport à 2018 et de trois points par rapport à 2017).

Afrique:Entre l’Ouganda et le Rwanda, le torchon brûle!

Créé par le 31 mai 2019 | Dans : Non classé

 

Afrique:Entre l'Ouganda et le Rwanda, le torchon brûle! ob_f13dde_000-1gf8o0-0

C’est en présence d’une délégation de diplomates étrangers que l’Ouganda a remis, lundi 27 mai, le corps d’un commerçant rwandais tué d’une balle dans la tête par les forces de sécurité rwandaises vendredi. Une implication diplomatique demandée par Kampala, qui dénonce une violation de son territoire et exige des sanctions contre les agents rwandais pour « cet acte criminel, brutal et violent », que Kigali dément.

Kigali et Kampala sont à couteaux tirés depuis six mois, et les faits survenus vendredi ne sont pas de nature à apaiser les tensions. Outre la mort par balle d’un commerçant rwandais dans le village de Kiruhura, près d’un poste-frontière, un Ougandais a également été tué alors qu’il cherchait à s’interposer.

Mais la police rwandaise démentait encore, lundi, être intervenue côté ougandais, déclarant n’avoir «aucune leçon de professionnalisme à recevoir de l’Ouganda ».

Plus de vingt ans après les affrontements des armées rwandaise et ougandaise à Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo, les relations entre les anciens alliés restent en dents de scie.

Soupçons réciproques

À 74 ans, le président ougandais Yoweri Museveni est en lice pour briguer un sixième mandat.Beaucoup le disent fatigué, fragile dans son pouvoir, et redoutant une fronde attisée par son voisin à l’approche des échéances électorales prévues pour 2021.

Depuis l’an dernier, les services ougandais font le tri dans leurs rangs. Ils arrêtent ou expulsent ceux qu’ils considèrent comme travaillant pour Kigali. Le président rwandais Paul Kagame ayant été chef des services de renseignement en Ouganda, il y gardait ses entrées et ses relais.

Le Rwanda soupçonne, lui aussi, son voisin de chercher à le déstabiliser. Kigali dénonce des contacts entre le parti d’opposition RNC, les rebelles hutus rwandais et le régime de Kampala.

Escalade de tensions

Pour le chef de l’État rwandais, qui a obtenu sans trop de casse médiatique un troisième mandaten réprimant toute voix dissidente, l’enjeu est d’empêcher son opposition d’organiser une résistance armée et d’obtenir des soutiens de pays comme l’Ouganda.

L’escalade n’est pas que verbale. Officiellement, pour protester contre la vague d’arrestations et d’expulsions visant des Rwandais en Ouganda, Kigali a interdit depuis des mois à ses ressortissants de traverser la frontière.

Le Rwanda limite, par ailleurs, drastiquement les importations de marchandises ougandaises,pourtant essentielles jusqu’ici à l’approvisionnement de sa population.

Par RFI

Afrique-démcoratie: L’ambivalence de la démocratie en Afrique

Créé par le 12 mar 2019 | Dans : Non classé

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Nelson Mandela a développé sa philosophie « Ubumuntu » et de ce fait fut un modèle de démocratie en Afrique

 

«  Il n’est pas de plus sûr critère pour évaluer la vigueur d’une démocratie que celui de son pluralisme »  E. Kant, Qu’est-ce que les lumières ?

            Voilà soixante ans après la fin de la décolonisation, la majorité des pays africains n’aspire pas à de  valeurs démocratiques et pourtant  peu de pays ont  avancé vers le chemin de la démocratie comparable à celle des pays occidentaux. Malgré le discours prononcé à la conférence de Baule demandant aux  chefs d’états africains de rompre  le monopartisme  afin de mettre la mise en place des régimes démocratiques, la plupart des États, sans être forcément autoritaires ou répressifs, ne respecte pas les préceptes de l’État de droit et favorise le maintien du pouvoir d’une élite politique, pis encore cette élite est basée sur l’ethnicité et le régionalisme. Cependant, certains pays africains comptés sur les doigts de la main  ont déjà compris les principes de la démocratie    comme une seule réponse de bien gouverner le peuple africain.

      Durant les trente dernières années, l’Afrique a connu des mutations du point de vue sociopolitique. En générale, le premier semestre de 2010 a été marqué par un recul du processus de la démocratisation dans le continent de l’Afrique. Bon nombre des gouvernements ont connu non seulement  de coups d’Etats à titre d’exemple le Madagascar, la Mauritanie, le Niger, la Guinée Bissau etc mais aussi certains dictateurs ont voulu garder le pouvoir en changeant la constitution à l’instar le président Mamadou Tandja au Niger, président Museveni en Ouganda , président Kagame au Rwanda, président Nkurunziza au Burundi   Au cours de cette période, les élections ont été contestées au Gabon, en République Démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire attendues depuis 2005, en Centrafrique etc.

L’année de 2010 marque alors  l’histoire des mouvements de constatation des jeunes issus des milieux défavorisés et des fils des ouvriers : c’est en fait le printemps arabe. Cette révolution du monde arabe débute à partir de décembre 2010. Ces mouvements à caractère politique sont qualifiés « réveil arabe ». Le résultat de ces révoltes a chassé les trois dictateurs de l’Afrique du nord  qui ont gouverné les pays depuis plusieurs années. La chasse au pouvoir des dictateurs  arabes commence par la Tunisie et se généralise en Egypte et enfin en Libye. Toutes ces révolutions ont provoqué la fin de dictateurs  Ben Ali en Tunisie, Hosni Moubarak en Egypte et la mort du  colonel Mouammar Kadhafi en Libye. La chute du pouvoir de ces trois dignitaires les plus connus en Afrique  a instauré les principes de la démocratie dans les pays respectifs. Ces révoltes issues du monde arabe donnent une leçon aux autres pays qui refusent catégoriquement la voie de la démocratie et nous témoignent que le citoyen doit s’armer de force  et de constance, et dire  chaque jour de sa vie au fond de son cœur ce que disait le Palatin dans la diète de Pologne  « Malo periculosam libertatem quam quientum servitium » en latin pour dire je préfère la liberté  à un danger  que le service  de la paix.  Le printemps arabe a été caractérisé par un vide juridique dans les dits pays et surtout a provoqué des agressions physiques et des assassinats  contre les hommes des médias.

         Pas vraiment ! Christophe Déloire ; Secrétaire Général de Reporters Sans Frontières défend sa thèse que la démocratie est inséparable à la liberté d’expression dans un pays doté des valeurs démocratiques et note ceci « Le classement mondial publié par RSF ne tient pas compte directement  de la nature de régimes politiques. Néanmoins, il apparaît clairement que les démocraties  protègent mieux la liberté  de la production et de la diffusion  des informations factuelles que les pays  dans lesquels les autres  droits humains sont méprisés. Dans la dictature, les acteurs de l’information s’exposent  à des représailles impitoyables pour eux-mêmes pour leurs proches. Dans nombreux de démocraties, ils font face à la crise économique de la presse aux conflits d’intérêts. Si leurs situations ne sont pas toujours comparables, il convient de rendre  hommage  à tous ceux qui résistent  aux pressions, qu’elles soient matinales ou diffuses. » (Rapport  de Reporter Sans Frontière, Après le printemps, les espoirs déçus, 2013). Ledit rapport  affirme que l’année 2012 a été la plus meurtrière contre  des journalistes. Bon nombre de journalistes sont morts à l’exercice de leur métier  surtout ceux de Somalie. Ce dernier occupe la place de 168 éme pays au niveau mondial,  puis la Guinée Equatoriale se place au 171 ème, Djibouti au 173 tandis que Érythrée  se positionne  au 179 ème l’avant dernière place juste après la Corée du Nord  d’après le classement de RSF de 2018. Il est dommage que plusieurs régimes  des pays africains occupent depuis des années une position non confortable et continuent  à être non seulement le théâtre de prédateurs de la liberté d’expression mais également ils continuent à emprisonner et surtout  assassiner  des hommes des médias.

           Peu de pays africains  comptés sur les droits de la main progressent dans le processus de la démocratie et le respect de la liberté de la presse dans le pays. Selon le classement récent de RSF 2O18, le Ghana se classe au premier rang  parmi les pays africains et se classe au 23 ème rang. Il vient en premier position parmi des rares pays du continent  cité comme modèle de la démocratie  en Afrique. Cette maturité politique du Ghana dans le respect des principes des droits de l’homme a été confirmée par la visite du président des Etas Unies d’Amérique Barak Obama en 2010. Le discours du président américain   était centré sur la mise en œuvre des institutions très fortes en Afrique reposant sur les valeurs démocratiques. Il a par contre pointé du doigt  les dictateurs africains qui se croient comme les hommes forts. La Namibie   vient au 26 éme position au classement mondial et devient le deuxième pays africain qui progresse dans le maintien de la démocratie et de la liberté de la presse : cette place prouve que certains pays africains commencent à comprendre et refuser toute sorte de dictature quelle qu’elle soit. C’est l’espoir et encourageant pour le peuple africain. Il s’ensuit l’Afrique de la Sud classé sous la 28ème  éme position  au niveau mondial par le RSF. C’est à titre d’exemple que d’autres pays africains progressent au fur et mesure dans la mise en valeur et le maintien  des principes de la démocratie dans leurs pays.  C’est dans la même optique que la Côte d’Ivoire classée sous 82 éme qui a été dévastée depuis des années par la crise  tout au long du pouvoir de Laurent Gbagbo et pourtant on avait espéré que son successeur Alassane Ouattara allait ramener la démocratie et donner  la liberté  aux journalistes. L’expérience nous prouve le contraire car les journalistes ivoiriens, les associations internationales des journalistes et de droits de l homme qui veuillent sur les principes de la démocratie et la liberté pointent du doigt les violations du droit de l homme faites par le régime d’Alassane Ouattara.

           Ce dualisme qui marque  les inefficacités et les incompréhensions de la démocratie en Afrique  engendrent les ambivalences et suscitent des interrogations des observateurs du continent africain. Pourquoi pourrait-on expliquer que le Ghana, l’Afrique du Sud sont des pays cités comme le modèle du respect des principes de la démocratie dans le continent alors que les autres pays régressent et ne comprennent jamais les valeurs des droits de l’homme dans leurs sociétés : la Somalie et Érythrée par exemple continuent à violer le droit le plus fondamental des hommes de plume  en tuant et en emprisonnant les opposants

Jean Paul HABIMANA

Journaliste politique

 

Jpolitiques et les journalistes indépendants ?

Afrique:Union africaine-Démocratie : tout un programme !

Créé par le 12 fév 2019 | Dans : Non classé

 

Afrique:Union africaine-Démocratie : tout un programme !

Entre la présidence du maréchal égyptien al-Sissi à la tête d’un régime fort et la multiplication d’élections contestées, l’Union africaine va avoir fort à faire pour mieux enraciner la démocratie sur le continent. L’Union africaine, dont le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi va prendre les commandes pour les douze prochains mois, est une institution en pleine réforme, laquelle a été enclenchée de manière profonde par le rwandais Paul Kagame. Il a fait de l’autofinancement de l’institution panafricaine – par une taxe de 0,2 % sur les importations – le centre de ses préoccupations parallèlement à toutes les initiatives qui ont mené à la mise en place de la zone de libre-échange continentale, la Zlec, que seule la moitié des 55 États membres ont adoptée pour le moment.

Sur le front politique, l’Union africaine affiche son ambition de promouvoir la démocratie. Elle rencontre cependant des obstacles qui en empêchent le déploiement cohérent et durable sur le continent. De fait, l’Afrique apparaît comme un espace où les valeurs démocratiques mettent du temps à s’enraciner du fait, entre autres, de la faiblesse du dispositif de prévention et de répression des violations de la démocratie et des droits de l’homme.

L’Union africaine n’est pas un espace de négation totale de la démocratie comme modèle d’organisation politique des sociétés. Seulement, la persistance de démocraties hésitantes et de «démocraties de façade» ainsi que le déficit de convergence dans ce que doit être la démocratie en Afrique compliquent singulièrement la tâche de l’Union africaine dans sa défense de celle-ci et de l’éthique qui l’accompagne.

Cohabitation entre démocraties de façade et démocraties balbutiantes

En dépit de quelques avancées et embellies démocratiques, le continent ne constitue pas un modèle en la matière et nombre de ses pays africains sont très souvent cités en contre-exemples de la démocratie dans le monde, eu égard aux difficultés qu’ils éprouvent dans l’entreprise d’implémentation et d’enracinement des valeurs qui accompagnent celle-ci. Récurrence de conflits, interruption de processus démocratiques, violations graves des droits de l’homme,persistance de comportements freinant le développement d’une culture démocratique, manque d’indépendance de certaines institutions, contraintes de nature économique, financière et sociale, suscitant la désaffection du citoyen notamment lors des scrutins :

Voilà des obstacles qui se dressent sur le chemin de la démocratie en Afrique. À cela s’ajoutentles changements anticonstitutionnels de gouvernement, les conflits post-électoraux et les violations des droits de l’homme. Il n’est pas rare, en effet, que les dirigeants instrumentalisent les institutions démocratiques afin de protéger leurs intérêts propres et de mettre leur pouvoir à l’abri du vote populaire et des contraintes constitutionnelles. À cet égard, la vague de démocratisation de ces vingt dernières années a parfois favorisé l’émergence de démocraties de façade : élections truquées, dirigeants non responsables devant le Parlement, faiblesse de l’État de droit, faible protection des libertés civiles.

Démocratie en Afrique, oui, mais laquelle ?

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Nombre d’États et de gouvernements africains tentent la démocratie comme modèle d’organisation politique des sociétés africaines. La quasi-totalité des pays africains reconnaît le caractère universel des valeurs démocratiques, des droits de l’homme, de l’État de droit, etc. Seulement, cet unanimisme apparent occulte quelque peu les divergences et disparitéspratiques existant en matière d’aménagement et de fonctionnement concret du système démocratique dans les pays concernés. Bon nombre de ces pays revendiquent une certaine liberté dans la façon d’organiser, d’aménager et de faire fonctionner leur démocratie. Ces derniers invoquent et convoquent à volonté la pertinence d’une approche relevant de la « diversité démocratique », qui exprime l’idée selon laquelle « il n’y a pas qu’un seul chemin pour atteindre la démocratie et garantir les droits de l’homme ».

Faiblesse de l’Union africaine dans ses outils

Dans l’optique de donner une meilleure consistance à sa volonté de se poser en leader en matière de démocratisation dans le champ politique international, l’Union africaine s’est dotée d’un dispositif opérationnel destiné à sanctionner les violations de la démocratie sur le continent. Problème : ce dispositif ne semble pas donner les résultats à la hauteur des ambitions de l’Union africaine. Gradué, il va de la prévention à la sanction et peut se décliner en trois points importants. En premier lieu, il y a une prévention structurelle. Celle-ci se matérialise par un mécanisme d’alerte précoce permanent par lequel l’Union africaine se tient informée de la situation et de l’évolution des pratiques démocratiques sur le continent, à la faveur notamment de missions de contact et de missions d’observation des élections. À cet effet, l’Union africaine s’appuie sur la commission des affaires politiques qui est chargée de l’observation du respect de la démocratie et des droits de l’homme au sein des États et gouvernements membres. Une telle opération préventive est censée permettre de définir les mesures adéquates pour consolider l’enracinement de la démocratie, des droits et des libertés sur le continent, d’apporter aux pays africains désireux une assistance en la matière.

En deuxième lieu, il est question d’une prévention immédiate et opérationnelle en cas de « crise de la démocratie ou en cas de violations graves des droits de l’homme ». Face à une telle situation, les instances de l’UA sont amenées à prendre toute initiative susceptible de prévenir une aggravation et d’envisager un prompt règlement. Dans ce cas, le président de la Commission de l’UA peut envoyer un facilitateur susceptible de contribuer à la recherche de solutions consensuelles, ou plutôt des observateurs judiciaires dans le cas d’un procès qui suscite la préoccupation de la communauté africaine.

En troisième lieu, l’UA se met en situation de réagir immédiatement à tout cas de « rupture de la démocratie ou de violations massives des droits de l’homme ». Après avoir consulté le président en exercice de l’UA, confirmé la gravité des violations, les avoir publiquement condamnées et exigé le rétablissement de l’ordre politico-constitutionnel, le président de la Commission peut engager un certain nombre de sanctions graduées contre l’État concerné.Cela va du refus de reconnaître les résultats à l’issue d’un scrutin électoral à la suspension dudit pays de l’institution panafricaine, notamment en cas de coup d’État militaire contre un régime démocratiquement élu et même d’un hold-up électoral.

Faiblesse de l’Union africaine sur le terrain

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Le dispositif mis en place par l’institution panafricaine peut paraître parfaitement opérationnel. Pourtant, il faut relever qu’il dispose de nombreuses infirmités du point de vue de sa fonctionnalité dans des situations concrètes et pratiques de la vie des citoyens au quotidien. Il est difficile et compliqué de nier la volonté de l’Union africaine de se construire une image de leader de premier plan en matière de démocratie. Son ambition est cependant rendue caduque par la quasi-absence du respect des fondamentaux des droits de l’homme dans nombre de pays. Ainsi de garantir à chaque citoyen une sécurité sociale, bannir la torture, l’esclavage, garantir la protection et les droits des femmes, des filles et des enfants au sein d’une société égalitaire, assurer à chaque citoyen le droit de manifester pacifiquement pour exprimer son mécontentement, garantir la sûreté et la sécurité de sa personne, la liberté de pouvoir choisir et de s’exprimer en toute dignité, garantir les droits des minorités et de celle issues des migrations intra-africaines.

Un pas en avant malgré tout

Cela dit, l’Union africaine avance quand même. Au-delà d’une simple politique d’affichage et de propagande, on peut relever le fait que le continent africain devient un espace où l’imaginaire démocratique commence à s’installer et à s’institutionnaliser, de même que le dispositif d’implémentation et de sanction des violations de la démocratie et des droits humains, une vraie aubaine pour le développement et la prospérité des États membres. Selon les explications du politologue Henry Nau, les États démocratiques sont plus pacifiques que les États non démocratiques. Les démocraties ne se font pas la guerre parce qu’elles commercent davantage, coopèrent de mieux en mieux, partagent les normes et les valeurs communes. Elles favorisent la mobilité et l’expression des idées. Au final, au-delà de la démocratisation du système politico-social, il importe que l’accent soit porté sur une approche plus libérée et démocratique des rapports familiaux. De quoi garantir à chaque Africain une existence, une présence, une reconnaissance, une trajectoire et un destin au quotidien.

Source : afrique.lepoint.fr

RDC: Félix Tshisekedi a prêté serment en présence d’un seul homologue!

Créé par le 26 jan 2019 | Dans : Non classé

RDC: Félix Tshisekedi a prêté serment en présence d’un seul homologue! ob_076f0e_kabila-et-tshisekedi

Félix Tshisekedi, qui a obtenu 16,93% des votes à la présidentielle du 30 décembre, selon la Conférence des évêques, et 38,5%, selon les chiffres officiels, a prêté serment jeudi à Kinshasa en présence d’un seul de ses homologues, le président du Kenya, Uhuru Kenyatta. Etaient également présents les vice-Présidents de Tanzanie, Namibie et du Zimbabwe; le deuxième vice-Président du Burundi; les ministres des Affaires étrangères d’Angola, du Congo-Brazzaville, du Gabon; le ministre de l’Eau et Ressources hydrauliques d’Egypte, celui du Développement et des PME d’Afrique du Sud et le président de la Chambre des Représentants du Maroc. L’Union européenne et les Etats-Unis étaient représentés par leurs ambassadeurs. L’absence de l’Eglise catholique a été remarquée.

Une foule importante s’était déplacée, notamment devant l’hôtel Béatrice, place de la Gare, qui est devenu le quartier général de Félix Tshisekedi depuis sa proclamation comme vainqueur de la présidentielle par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Cette dernière n’a toujours pas produit les résultats électoraux bureau de vote par bureau de vote comme le requiert la loi, ce qui prolonge les « sérieux doutes » internationaux sur la conformité des résultats qu’elle a proclamés avec la vérité des urnes.

Kamerhe et Shadary font le V de la victoire

Vital Kamerhe, qui avait – comme Félix Tshisekedi – rompu sa promesse de travailler pour le candidat unique élu par les chefs de l’opposition, Martin Fayulu (crédité de 62,11 % par la mission d’observation électorale de la Conférence des évêques), et a fait campagne avec le président de l’UDPS, était évidemment présent à la cérémonie de prestation de serment de ce dernier. Selon les informations de La Libre Afrique, il s’est assis à côté d’Emmanuel Ramazani Shadary, candidat kabiliste malheureux à la Présidence; les deux hommes ont fait ensemble le V de la victoire.

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Félix Tshisekedi a juré «solennellement devant Dieu et la Nation d’observer et de défendre la Constitutions et les lois de la république». De « ne se laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine » et « consacrer toutes ses forces à la promotion du bien commun et de la paix ». Il a aussi appelé Martin Fayulu et Ramazani Shadary à le rejoindre et évoqué son souhait de voir adopter une nouvelle loi électorale.

Malaise de Tshisekedi

Ce discours a été interrompu un quart d’heure, en raison d’un malaise de l’orateur. « Un célèbre dirigeant de notre pays avait dit en son temps « comprenez mon émotion », a expliqué Félix Tshisekedi en reprenant la parole, allusion à la célèbre formule utilisée par Mobutu lorsque les larmes l’obligèrent à suspendre une minute son discours annonçant la fin du parti unique, le 24 avril 1990. Expliquant cette interruption par les fatigues de la campagne électorale, Felix Tshisekedi s’en est excusé « auprès du Président de la République », un Joseph Kabila impassible sous ses lunettes solaires et sa moustache. Le président sortant s’était en effet complètement rasé le matin même, sauf la moustache. Signe des temps? Les observateurs ont remarqué qu’il préfère arborer un visage velu quand ça va mal et glabre quand les choses vont mieux pour lui.

Par Marie-France Cros 

Elections en RDC: où se trouve la vérité des urnes?

Créé par le 18 jan 2019 | Dans : Non classé

 

Martin Fayulu arrivant à une réunion avec ses partisans, vendredi 11 janvier à Kinshasa.

Martin Fayulu arrivant à une réunion avec ses partisans, vendredi 11 janvier à Kinshasa.

Alors que la République démocratique du Congo vit la première alternance de son histoire à l’issue des scrutins du 30 décembre 2018 dont les résultats sont largement contestés, deux fuites exceptionnelles de documents viennent éclairer d’un nouveau jour le processus électoral. Ces milliers de pages analysées par un groupe de médias étrangers, le Financial Times, TV5 Monde et Radio France Internationale (RFI), en collaboration avec le Groupe d’études sur le Congo (GEC), un institut de recherche de l’Université de New York, indiquent que le vainqueur n’est pas celui annoncé par la Céni. Le premier document, une base de données attribuée à la Commission électorale congolaise, porte sur 87% de suffrages exprimés. Le second a été produit par la Conférence épiscopale et porte sur 42,92% des voix. Toutes les données de ces deux documents concordent. Enquête.

Le week-end dernier, l’ancien gouverneur du Katanga et opposant, Moïse Katumbi, était en tournée en Afrique centrale et australe. De chancelleries en palais présidentiels, il avait emmené dans ses bagages « La vérité des urnes », un document de quatre pages qu’il attribue à la Commission électorale de son pays, la République démocratique du Congo. Alors que son candidat, le député Martin Fayulu, allait déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle, Moïse Katumbi était parti convaincre certains des partenaires du Congo de la nécessité d’appeler à un recomptage des bulletins, persuadé que le candidat, Martin Fayulu, l’a largement emporté à la présidentielle.

Selon les bases de données analysées par le Financial Times, TV5 Monde, RFI, en collaboration avec le GEC, qu’elles proviennent de la Conférence épiscopale ou qu’elles soient attribuées à la Commission nationale électorale indépendante (Céni), ce quasi-inconnu sur le plan international avant la campagne pourrait avoir recueilli entre 59% et 62% des suffrages exprimés. Il serait loin devant son principal concurrent, Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur de la présidentielle avec 38,57% des voix par la Commission électorale congolaise, en pleine nuit, le 10 janvier 2019. Joint par téléphone, aucun responsable de la Céni n’a souhaité directement commenter l’information.

Il y a un point sur lequel tout le monde s’accorde, c’est la lourde défaite du candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, arrivé bon troisième. Selon les résultats proclamés par la Céni, le Front commun pour le Congo (FCC) perd la présidence au profit de Félix Tshisekedi, fils de l’opposant historique, qui l’emporterait avec 38,57% des suffrages. Sa coalition, Cap pour le changement (Cach), comme la coalition au pouvoir, le Front commun pour le Congo, ont salué l’avancée démocratique que représente l’élection d’un opposant à la tête de l’Etat.

En 2011, son père, Etienne Tshisekedi, disait déjà avoir remporté la présidentielle. A l’époque, les missions d’observation de l’Union européenne, du Centre Carter et de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco) avaient jugé non-crédibles les résultats de la présidentielle proclamés par la Commission électorale. Mais faute de décomptage citoyen, elles n’avaient pas été en mesure d’en dire plus et Joseph Kabila était resté bien installé dans le fauteuil présidentiel.

Téléchargés depuis les serveurs de la Céni ?

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La fuite du serveur de la Céni porterait sur deux documents. Le premier est une synthèse de quatre pages, avec les résultats finaux pour « 15 694 364 suffrages valables », les numéros de dossiers et des informations personnelles sur les 21 candidats autorisés à concourir dans la course à la présidentielle, c’est ce qui aurait servi à l’argumentaire de Moïse Katumbi. L’autre document, inédit, est une base de données de 2 064 pages et de 49 161 entrées qui égraine, site de vote par site de vote, des résultats pour la présidentielle.

Ce second document a également été diffusé via les mouvements citoyens. Un « lanceur d’alerte » les aurait fait « fuiter » du serveur de la Commission électorale à Kinshasa pour dénoncer « un hold-up électoral », l’escamotage de plus de 3 millions de voix en faveur de Martin Fayulu au profit de ses deux concurrents, Félix Tshisekedi et Emmanuel Ramazani Shadary. Les numéros d’identification des sites de vote, comme des centres locaux de compilation des résultats, sont conformes à ceux attribués par la Commission électorale, mais le fichier n’a ni entête ni signe distinctif de la Céni.

Interrogé sur l’origine des documents et leur mise à disposition de l’opposition, un proche de Jean-Pierre Bemba, l’ancien vice-président, lui aussi membre de Lamuka, reste vague : « Ces documents proviennent du serveur de la Commission électorale. » Sur la date à laquelle ces données ont été mises à la disposition de la Céni, cette source est plus précise : « Dans les 24 à 48 heures après la fermeture officielle des bureaux de vote. »

Le mode de transmission ? « Electronique », répond sans hésiter ce proche du patron du MLC, sans jamais être capable de confier l’identité et le contact de la source. Comme Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, arrivé second lors de la présidentielle de 2006, a été écarté de la course à la présidentielle et défend depuis la candidature de Martin Fayulu, qui leur a promis d’organiser de nouvelles élections dans les deux ans.

L’introduction pour ce cycle électoral d’une « machine à voter », sans test grandeur nature ni sensibilisation de masse, avait fait l’objet d’une levée de boucliers de la part de l’opposition et de la société civile, qualifiée de « machine à tricher ». Elle a également suscité une certaine défiance de plusieurs chancelleries et experts étrangers. La Fondation britannique d’appui à la démocratie, Westminster, a été la seule organisation à avoir été autorisée à étudier la machine, mais pas son logiciel, ce qui avait renforcé les craintes de la coalition Lamuka. Félix Tshisekedi était le seul à se dire prêt à aller aux élections « avec ou sans machine à voter », sûr de son réseau de témoins.

Les données transmises par les machines à voter ?

La Fondation Westminster avait pointé dans son rapport trois modes de transmission électronique et souligné que c’était trop pour ce que la Commission électorale qualifiait de « simple imprimante à bulletins ». Ces tablettes de vote électronique à écran tactile, inconnues de la majorité des Congolais, étaient équipées non seulement d’une imprimante, mais aussi d’une carte SIM, d’une carte Wifi et les sites de vote les moins bien connectés, dotés de valise satellite.

« L’existence d’une telle base de données est crédible, puisqu’à la fin du dépouillement, il était prévu que le technicien scanne les procès-verbaux de résultats avec la machine à voter et qu’il les envoie directement au siège de la Céni », décrit l’expert électoral et ancien conseiller politique de la mission des Nations unies au Congo, Gérard Gerold. Il cite presque mot pour mot l’article 69 des mesures d’application de la loi électorale, celle-là même qui interdit pourtant tout vote électronique « pour les élections en cours ». La base de données de 2 064 pages, transmise aux médias étrangers et des centres de recherche, ressemble fort au produit de ces milliers de procès-verbaux consciencieusement scannés et transmis par les machines à voter après la fermeture des bureaux de vote.

Le 3 janvier 2019, quand le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, évoque un report de la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle, il est sans doute déjà en possession d’une grande partie des données. C’est ce que confirment plusieurs sources au sein de la Céni. L’opposition ayant insisté pour un décompte de bulletins imprimés, Corneille Nangaa dira attendre la fin de la compilation manuelle avant d’annoncer les résultats. Mais dès la sortie des urnes, les missions d’observation électorale notent des erreurs de quelques voix entre les procès-verbaux issus de la compilation manuelle et ceux imprimés par les machines controversées, rien qui soit de nature à remettre en cause la crédibilité des résultats sortis des urnes.

Conformes à la vérité des urnes ?

La base de données attribuée à la Céni offre une vue détaillée des circonscriptions par sites de vote. Ses résultats sont confirmés par des centaines de procès-verbaux collectés des activistes ou des médias locaux à travers le pays. Le collectif de journalistes et de chercheurs est parvenu à confirmer par un contrôle de cohérence les données de plusieurs centaines de bureaux de vote. Ces sites ont été choisis de manière aléatoire dans différentes provinces du pays. A chaque fois, les résultats par candidat, le nombre d’inscrits et de votants sont conformes ou très proches de ceux qui figurent dans la base de données.

Conformes aussi à ceux compilés par la Conférence épiscopale. La puissante Cenco dit avoir déployé 39 824 observateurs accrédités, un chiffre que la Céni conteste depuis peu. « La mission de l’Eglise catholique a utilisé deux méthodes de collecte de données. Dans un premier temps, elle s’est concentrée sur un échantillon d’environ 10% de bureaux de vote sélectionnés selon des méthodes employées par les instituts de sondage », commente l’expert Gérard Gerold. « Les évêques ont demandé à leurs observateurs de récupérer ou de photographier les données de tous les procès-verbaux de bureaux de vote qu’ils pouvaient. Cela leur a donné une vision globale des résultats ».

Présente dans l’ensemble des sites de vote, répartis dans les 26 provinces du pays, la Conférence épiscopale dit avoir été jusqu’à présent capable de compiler 71,3% de « voix valablement exprimées », c’est moins que la base de données attribuée à la Commission électorale et ses 87% de votants. Constituée de 2 064 pages, cette base de données est également plus détaillée puisque les résultats sont présentés par sites de vote et centres locaux de compilation des résultats. Jusqu’ici, la Cenco, elle, compile encore ses données par circonscriptions électorales, en attendant de pouvoir fournir une analyse détaillée par bureaux de vote.

RFI et ses partenaires internationaux ont eu accès à l’un des documents de compilation de résultats de la mission d’observation électorale de la Conférence épiscopale. Ce document porte sur 42,92% des suffrages et 28 733 bureaux de vote, c’est ce que la Cenco appelle « le premier niveau de vérification ». Cela représente près de 8 millions de suffrages sur les 18 millions exprimés le 30 décembre 2018.

Pour réclamer la vérité des urnes, les évêques du Congo ont été jusqu’à expliquer leur méthodologie devant le Conseil de sécurité de l’ONU, dans une ultime tentative pour convaincre la communauté internationale de demander à la Céni une publication des résultats bureau de vote par bureau de vote. Coincés dans leur rôle d’observateurs, les évêques n’ont jamais donné publiquement le nom du vainqueur de la présidentielle et se sont contentés de qualifier de « non conformes » les résultats proclamés par la Commission électorale au beau milieu de la nuit, le jeudi 10 janvier 2019.

Une corrélation quasi-parfaite

Quand, pour la capitale-province de Kinshasa, la base de données attribuée à la Céni donne Martin Fayulu vainqueur avec 73,61%, devant ses deux principaux rivaux - Félix Tshisekedi avec près de 17% et Emmanuel Ramazani Shadary avec 7,90% -, la Cenco, avec son échantillon plus restreint, obtient un résultat similaire : 72,58%, 18,52% et 7,53%, pour respectivement les candidats de Lamuka, de Cach et du FCC. « S’il s’agit bien d’un document de la Céni, cela confirme que la Conférence épiscopale dit vrai, commente l’ancien conseiller de la mission de l’ONU au Congo, Gérard Gerold. La deuxième conclusion, ce serait que la Céni avait les véritables résultats. Mais ce ne sont pas ceux qui sont publiés. »

Ces données, issues des machines à voter ou compilées par la Conférence épiscopale, sont impossibles à comparer avec des chiffres proclamés oralement par le président de la Céni. La Commission électorale n’a jamais rendu public autre chose que ces agrégats au niveau national, lors d’une annonce tardive et maintes fois reportée, en l’absence d’Internet, coupé au lendemain des scrutins.

Il n’y a eu aucune publication au Journal officiel ni transmission des données brutes ou compilées aux candidats, que ce soit par sites de vote, centres locaux de compilation ou même circonscriptions. Il y a officiellement 176 CLCR à travers tout le pays, mais 5% à peine ont affiché les résultats compilés, comme l’exige la loi. Les missions d’observation électorale nationales l’ont toutes relevé, sans obtenir plus de transparence.

Les données, issues des documents confidentiels remis à la presse, sont en train d’être analysées dans le détail par le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) qui, lors d’un récent sondage, avait donné Martin Fayulu premier dans les intentions de vote à quelques jours des scrutins. Mais ce qui apparaît au premier coup d’œil, c’est une quasi-parfaite corrélation des données entre les deux documents et l’écart conséquent entre le premier, Martin Fayulu, et ses deux concurrents.

Le candidat de Lamuka, ancien directeur d’Exxon Mobil et habitué des manifestations, recueillerait entre 59 et 62% des suffrages. Il est largement en tête dans toutes les provinces, sauf aux Maniema, Haut-Lomami, Sankuru et Kasaï, où l’ancien vice-Premier ministre, Emmanuel Ramazani Shadary, prend la première position. Les allégations de fraude y sont aussi les plus nombreuses. Martin Fayulu est surtout inexistant dans les Kasaï oriental et central, fiefs de son rival, Félix Tshisekedi. Selon ces différents documents, le patron du parti d’opposition historique, natif de cette région du Congo, y caracole en tête, avec des scores dépassant les 90%.

Une guerre des chiffres

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A l’échelle du pays, que les données soient attribuées à la Céni ou à la Cenco, Félix Tshisekedi et Emmanuel Ramazani Shadary peinent à dépasser les 20% de voix. Ces chiffres sont très loin des résultats provisoires officiels, qui créditent Martin Fayulu de 34,8% des voix contre 38,57% à M. Tshisekedi. Toujours selon les résultats officiels, le candidat du pouvoir, M. Shadary, ne fait guère mieux ; il arrive toujours en troisième position avec 23,8% des voix.

Les données produites par la Conférence épiscopale ou attribuées à la Céni ne correspondent pas non plus aux chiffres compilés par la coalition Cach. Deux réunions de concertation ont même eu lieu entre les experts de Cach et ceux de la Conférence épiscopale avant la proclamation des résultats provisoires. Selon Vital Kamerhe, directeur de campagne de Félix Tshisekedi, la Cenco aurait « reconnu la validité des données produite par notre centrale électorale ». Du côté de l’Eglise catholique, on précise que l’échantillon produit par Cach ne concernait que 3 millions de bulletins et n’intégrait pas les provinces les plus favorables à Martin Fayulu.

La bataille des chiffres autour de la présidentielle déborde depuis ce week-end sur les résultats des législatives nationales et provinciales. Si les deux opposants sont donnés vainqueurs de la présidentielle quelle que soit la source, les tendances sont complètement inversées pour ces deux autres scrutins. Selon la Céni, la coalition au pouvoir, le FCC, obtient plus de 70% des sièges dans les différentes assemblées. Le président proclamé, Félix Tshisekedi, n’aurait avec sa coalition obtenu qu’une cinquantaine de sièges. « La fraude aux législatives, c’est pire qu’à la présidentielle », dénonce un membre du Front commun pour le Congo. « Nous aussi, on va demander le recomptage des voix », prévient ce dignitaire congolais, même si la direction du FCC a déjà fait savoir que les « habilitations » ne seraient distribuées qu’avec « parcimonie ». Ce dernier dénonce « un deal entre les deux perdants » et des hérésies dans les arbitrages.

Les proclamations des résultats des trois scrutins du 30 décembre 2018 en République démocratique du Congo ont fait l’objet de nombreuses contestations. Entre scènes de liesse et contestations des partisans ou détracteurs, une importante part de la population continue d’observer. Le jour du vote, les Congolais ont fait part d’une mobilisation rare, bravant les intempéries, patients face aux pannes des machines à voter ou au manque de matériel électoral. Après deux ans d’attente depuis la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila, ils ont défié toutes les prédictions en gardant leur calme, malgré tous les obstacles, les listes électorales à rallonge, avec des noms dans les désordres, les menaces ou les offrandes. Ils ont impressionné jusqu’à la mission d’observation de l’Union africaine qui avait parlé, dans sa déclaration préliminaire, d’une « première victoire » pour le peuple congolais et appelé à respecter « la vérité des urnes ».

Embarras des partenaires du Congo

Depuis la tournée de Moïse Katumbi en Afrique centrale et australe et la proclamation des résultats des législatives, le chef de l’Etat zambien, Edgar Lungu, a le 13 janvier 2019 - à la surprise générale - suggéré un recomptage des voix et appelé à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Dans les heures qui ont suivi, le Congolais Denis Sassou-Nguesso, patron de la CIRGL, l’autre organisation sous-régionale à laquelle appartient la RDC, lui emboîtait le pas, sans se soucier des contradictions avec son précédent communiqué. « C’est du 50/50, le gouvernement d’union nationale pour Félix Tshisekedi, le recomptage des voix pour Martin Fayulu et dans le fond, ça ne les engage à rien », commente un diplomate africain. « Si ça tourne mal, ils auront tout dit, rien fait. »

Ce dernier s’amuse des errements de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Edgar Lungu est le président en exercice de l’organe de la SADC chargé des questions politiques, de défense et de sécurité. Sa déclaration provoque l’ire de Kinshasa. Ce lundi, un courrier du ministre zambien des Affaires étrangères omet le recomptage des voix ; l’inflexion est immédiatement pointée par le gouvernement congolais comme la véritable position de la SADC, plus proche de celle de son partenaire privilégié, l’Afrique du Sud.

« C’est comme au Conseil de sécurité, il y a ceux qui n’osent pas défendre la démocratie et ceux qui la torpillent, brandissant la souveraineté nationale », décrit sans concession le diplomate africain. « A part les Français », ajoute-t-il dans un éclat de rire, référence à l’intervention du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui avait très vite après la proclamation des résultats provisoires affirmé que ces derniers n’étaient « pas conformes » aux attentes et que Martin Fayulu était « a priori » vainqueur. Ces propos ont été « vigoureusement » condamnés par Kinshasa, dénoncés comme une ingérence dans les affaires intérieures du Congo.

« La Céni, c’est l’organe qui gère le processus électoral et qui donne des résultats », rappelle un ministre congolais, surpris de voir des décomptes « se balader un peu partout ». « Si les chiffres proclamés par la Céni sont erronés, que la Cour constitutionnelle s’en saisisse », poursuit le ministre, tout en doutant que le recomptage des bulletins soit possible. « La Céni serait-elle même capable de les présenter ? » Ce membre du gouvernement embraye sans transition sur la possibilité d’une « annulation des scrutins », sans omettre que cela permettrait à Joseph Kabila de s’éterniser au pouvoir. Avec une mainmise sur les assemblées et exécutifs provinciaux, sur l’Assemblée nationale et le Sénat, le président sortant devrait rester un personnage-clé dans l’appareil d’Etat. Certains le voient changer la Constitution dans les trois mois, d’autres l’imaginent à la présidence du Sénat, prêt à succéder à son successeur, Félix Tshisekedi.

Par Sonia Rolley

RDC : les Etats d’Afrique australe mettent la pression en demandant un recomptage

Créé par le 16 jan 2019 | Dans : Non classé

 

Martin Fayulu (à gauche) a saisi la Cour constitutionnelle pour qu'elle annule le vote, le 12 janvier à Kinshasa.

Martin Fayulu (à gauche) a saisi la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule le vote, le 12 janvier à Kinshasa.

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), une organisation régionale d’Afrique australe, a accentué dimanche 13 janvier la pression sur la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo en demandant un recomptage des voix de l’élection présidentielle du 30 décembre, contestées par une partie de l’opposition.

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a soutenu ce dimanche 13 janvier 2019 un recomptage des bulletins suite aux contestations nées de la publication des résultats provisoires de la présidentielle du 30 décembre 2018.

«Ayant pris note des doutes sérieux émis par l’Église catholique romaine, qui avait déployé plus de 40 000 observateurs, mais aussi par la coalition Lamuka et par d’autres observateurs concernant les résultats du scrutin en RDC, la SADC estime qu’un recomptage permettrait de rassurer les gagnants et les perdants », dit dans un communiqué Edgar Lungu, président Zambien et président de l’organe chargé de la politique, de la défense et de la sécurité au sein de la (SADC),

Il a également suggéré un accord politique négocié qui se traduirait par un gouvernement d’union nationale pour une sortie de crise. Pour rappel, les avocats de la Dynamique de l’Opposition ont introduit une requête en contestation des résultats provisoires de l’élection présidentielle. La requête et les pièces ont été déposées vendredi. Martin Fayulu a retiré le récépissé relatif à cette saisine ce samedi. Les avocats ont demandé dans leur requête le recomptage des voix. Ils disent avoir des preuves qui montrent que le score qui a été attribué à Martin Fayulu n’est pas conforme aux suffrages exprimés en sa faveur.

Rwanda-génocide des Tutsi. L’ex-major Bernard Ntuyahaga expulsé vers le Rwanda

Créé par le 24 déc 2018 | Dans : Non classé

 
L'ex-major Bernard Ntuyahaga expulsé vers le Rwanda
(Belga) L’ancien major Bernard Ntuyahaga, qui a purgé en Belgique une peine de vingt ans de prison pour sa participation dans l’assassinat des dix paracommandos belges à Kigali en 1994, est expulsé vendredi matin vers le Rwanda, a-t-on appris auprès de sa fille, ainsi que du centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda (CLIIR).
Les proches de l’ancien major ont fait le pied de grue au cabinet de la secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block, jeudi et vendredi matin dans l’espoir de la rencontrer, « sans succès », a indiqué le coordinateur du CLIIR, Joseph Matata, qui appuie la fille de Bernard Ntuyahaga dans ses démarches. « Son avocate nous a contacté ce matin pour nous dire qu’il ne servait à rien de tenter de rencontrer Mme De Block. Elle a en effet indiqué qu’il était actuellement à l’aéroport en vue de son expulsion », explique M. Matata. L’avocate de Bernard Ntuyahaga, Me Sarolea, a indiqué ne pas avoir réussi rentrer en contact avec ce dernier, qui était injoignable. « Mais son expulsion est la suite logique de la procédure », a-t-elle fait savoir. L’homme se trouvait en centre fermé depuis le mois de juin dernier et a épuisé tous les recours possibles, selon l’Office des étrangers, qui est chargé de ramener cet homme dans son pays d’origine.
Saurce, agence Belga

ONU:Le chef de l’ONU appelle Kiev et Moscou à « une retenue maximum »

Créé par le 27 nov 2018 | Dans : Non classé

  Source: BelgaONU:Le chef de l'ONU appelle Kiev et Moscou à Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. © afp.

MISE À JOUR Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mardi dans un communiqué l’Ukraine et la Russie à « une retenue maximale » et à prendre des mesures au plus vite « pour réduire les tensions » en accord avec la charte des Nations unies.

Dans ce communiqué, Antonio Guterres, « souligne l’impérative nécessité d’éviter toute nouvelle escalade » dans la confrontation entre les deux pays qui s’est traduite dimanche dans le détroit de Kertch par la capture de navires et d’équipages ukrainiens par l’armée russe.

« Il est essentiel de respecter pleinement les droits et obligations de toutes les parties concernées » en application du droit international. « La souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, dans ses frontières internationalement reconnues (…) doivent être aussi pleinement respectées », conclut le secrétaire général dans son communiqué.

L’Ukraine a annoncé lundi soir l’introduction de la loi martiale dans ses régions frontalières pour 30 jours, alors que la campagne pour l’élection présidentielle de mars doit commencer le 31 décembre. A la suite de cette décision, Moscou a mis en garde l’Ukraine contre tout acte « irréfléchi ».

Une médiation dans le conflit avec l’Ukraine n’est pas nécessaire, selon la Russie
La Russie et l’Ukraine peuvent résoudre leurs problèmes eux-mêmes et n’ont donc pas besoin d’une médiation pour ce faire, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, rejetant une proposition franco-allemande en ce sens.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, avait déclaré lundi à Madrid que l’Allemagne et la France pourraient jouer les médiateurs entre l’Ukraine et la Russie pour éviter que les tensions entre ces deux pays ne dégénèrent en une « crise grave ». Il avait suggéré que la concertation se déroule au sein d’un « format Normandie » réunissant la Russie, l’Ukraine et le duo franco-allemand.

Le chef de la diplomatie russe a rejeté mardi cette proposition de médiation.

Le ministre français Le Drian a pour sa part déclaré mardi, à l’issue de l’entretien avec M. Lavrov, que « la France en appelle aux parties pour qu’elles favorisent un apaisement de la situation et que chacun fasse preuve de retenue ».

ONU:Le chef de l’ONU appelle Kiev et Moscou à « une retenue maximum »

Créé par le 27 nov 2018 | Dans : Non classé

MISE À JOUR Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mardi dans un communiqué l’Ukraine et la Russie à « une retenue maximale » et à prendre des mesures au plus vite « pour réduire les tensions » en accord avec la charte des Nations unies.

Dans ce communiqué, Antonio Guterres, « souligne l’impérative nécessité d’éviter toute nouvelle escalade » dans la confrontation entre les deux pays qui s’est traduite dimanche dans le détroit de Kertch par la capture de navires et d’équipages ukrainiens par l’armée russe.

« Il est essentiel de respecter pleinement les droits et obligations de toutes les parties concernées » en application du droit international. « La souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, dans ses frontières internationalement reconnues (…) doivent être aussi pleinement respectées », conclut le secrétaire général dans son communiqué.

L’Ukraine a annoncé lundi soir l’introduction de la loi martiale dans ses régions frontalières pour 30 jours, alors que la campagne pour l’élection présidentielle de mars doit commencer le 31 décembre. A la suite de cette décision, Moscou a mis en garde l’Ukraine contre tout acte « irréfléchi ».

Une médiation dans le conflit avec l’Ukraine n’est pas nécessaire, selon la Russie
La Russie et l’Ukraine peuvent résoudre leurs problèmes eux-mêmes et n’ont donc pas besoin d’une médiation pour ce faire, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, rejetant une proposition franco-allemande en ce sens.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, avait déclaré lundi à Madrid que l’Allemagne et la France pourraient jouer les médiateurs entre l’Ukraine et la Russie pour éviter que les tensions entre ces deux pays ne dégénèrent en une « crise grave ». Il avait suggéré que la concertation se déroule au sein d’un « format Normandie » réunissant la Russie, l’Ukraine et le duo franco-allemand.

Le chef de la diplomatie russe a rejeté mardi cette proposition de médiation.

Le ministre français Le Drian a pour sa part déclaré mardi, à l’issue de l’entretien avec M. Lavrov, que « la France en appelle aux parties pour qu’elles favorisent un apaisement de la situation et que chacun fasse preuve de retenue ».

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